Petite Histoire du Logo d’Azimuth Adventure Travel Ltd

Lorsque l’idée de créer une agence de voyages d’aventures en Indonésie a germé dans mon esprit, je crois me rappeler que j’ai rapidement visualisé le logo et le slogan de cette entreprise en devenir. La première étape a d’abord été de choisir le nom de l’agence, un terme qui « collait » avec cet esprit d’aventures que j’avais en tête, et, après quelques échanges avec mon entourage professionnel et familial, le choix s’est vite porté sur Azimuth Adventure Travel Ltd.

D’abord, parce que c’est un mot qui commence par un « A » (à la fin des années ‘90s, Google venait à peine d’être créé, et c’étaient, à l’époque, des annuaires tels Yahoo, qui dominaient le secteur des « moteurs » de recherche). Et puis, « Azimuth », à une lettre près, est un terme universel qui détermine une direction sur une boussole. Il se comprend donc dans presque toutes les langues (j’avais déjà l’ambition de proposer nos circuits au monde entier!). Je souhaitais, enfin, placer cette locution, « Ne perdez pas le Nord », car elle était un petit clin d’œil à mes origines Ch’tis (du nord de la France).

Bref, j’avais le nom de l’agence et le slogan. Restait à les illustrer d’un logo, d’une image, non seulement qui me ressemble, mais également qui lie les notions d’aventure et d’Indonésie. Photographe de formation et de profession originale, je décidai de me pencher sur toutes les prises de vues (des diapositives) que j’avais prises depuis mon premier reportage en 1992 (cf. le récit « Traces » sur www.chroniquesindonésie.com) et fus intrigué par la photo ci-dessous (réalisée dans un petit village, à proximité du temple érotique de Sukuh, dans le centre de Java).

Photo qui a servi de référence à la conception
du logo d’Azimuth Adventure Travel Ltd

Cette image représente en effet un enfant, qui, en voyant l’appareil photo s’orienter vers lui, décide de « fanfaronner » en prenant une pose « acrobatique », voire « aventureuse ». J’avais trouvé mon image de référence, ce d’autant plus que la forme des jambes pliées peut faire également penser à un « A », ce qui a d’ailleurs influencé le choix de la police de caractère, afin que le « A » d’Azimuth colle parfaitement au « A » des jambes. J’aimais en réalité cette photo, car elle a un côté dynamique et graphique qui représentait bien, à l’époque, l’esprit de mon travail photographique.

Le plus compliqué, finalement, dans la conception du logo, a été de faire en sorte que ce fameux « A » se détache bien du fond, et j’avoue que lors des premiers essais, de nombreuses personnes à qui nous montrions la maquette ne le distinguaient pas forcément et pensez que notre agence aller s’appeler « Zimuth »…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons d’abord tenté de colorer ce « A » en blanc (alors que les autres lettres étaient elles en rouge), mais une trilogie de couleur n’était pas, à mon sens, très esthétique. C’est finalement la raison pour laquelle nous avons décidé de conserver deux couleurs (le rouge pour le feu des volcans, et le vert en référence à la nature), quitte à accentuer l’ombre du « A ».

Le logo d’Azimuth Adventure Travel Ltd est en réalité plus qu’un simple logo. Il fallait un symbole qui représente ma passion de l’Indonésie, de sa nature et de ses cultures, qui a débuté par des portraits d’enfants*. Cette photo de garçonnet « osant » faisant le pitre était donc toute destinée et continue aujourd’hui à faire « jaser » (je ne compte plus le nombre de personnes qui ont retourné ce logo dans tous les sens afin de comprendre sa signification!).

Dominique Clarisse

* Scoop: un livre de portraits d’enfants indonésiens est en préparation.

Nettoyage du Mont Merapi

Les 10 et 11 mai 2013, l’agence Azimuth Adventure Travel Ltd organisait – en partenariat avec le parc national du Mt Merapi et plusieurs sponsors locaux – le nettoyage des sentiers du majestueux volcan Merapi. Ce site naturel, emblème de Yogyakarta, est en effet victime, depuis plusieurs années, de la pollution, qui n’aide évidemment pas à la bonne promotion du tourisme en Indonésie. C’est donc la raison pour laquelle notre agence avait décidé de passer à l’action, afin de participer à la protection et la conservation de cet environnement naturel, ce sous l’égide du label ATR (Agir pour un Tourisme Responsable).

Le vendredi 10 mai, dès l’arrivée à Selo, notre équipe (composée de guides locaux, de salariés d’Azimuth Adventure Travel Ltd, de M. Ruki Umaya – responsable du parc national du Mt Merapi, ainsi que de plusieurs volontaires des environs) débute le nettoyage sur le premier site de « New Selo » (1.700m). Par souci d’efficacité, deux types de sacs poubelle sont à notre disposition: l’un pour les déchets recyclables et l’autre pour les détritus destinés à être incinérés. En l’espace d’à peine une heure, nous avions déjà récolté plusieurs dizaines de kilos de copeaux et débris en tout genre! Ce site est effectivement devenu le nouveau point de départ de l’ascension du volcan et il est donc important que ce lieu reste le plus propre et authentique possible.

Plus tard, nous ramenons l’ensemble des sacs poubelle au camp de base et organisons un briefing afin de planifier l’ascension, la nuit suivante. Dès 1h du matin, direction le plateau dit de « Pasar Bubar », situé à 2.500m d’altitude. Après quatre heures d’effort, nous sommes récompensés par un lever de soleil féerique, qui dévoile une mer fluide de nuages, à peine perturbée par les pentes des volcans alentours, qui la « troue ». Revigorés par ce sublime paysage, nous débutons alors le nettoyage au pied du Merapi selon les mêmes procédures que la veille. Notre action attire d’ailleurs vite l’attention de plusieurs randonneurs, qui n’hésitent pas à se joindre à nous lors de la descente. Après six heures de marche au total, nous ramenons nos sacs poubelles au camp de base, où les déchets non-recyclables sont directement incinérés. Les « recyclables » sont, quant à eux, récupérés par des centres spécialisés.

C’est donc avec une grande fierté qu’Azimuth Adventure Travel Ltd a réalisé cette opération de nettoyage du Mt Merapi – une première! – dans le but « d’agir pour un tourisme responsable » et de protéger l’environnement indonésien.

PAPUA NAS KOROWAI le chemin des pierres de hache

Il est tard lorsque Neemiya et ses 2 compagnons d’aventure arrivent en vue de Lukun, ce village haut perche du territoire Una dans les montagnes Jayawijaya, en Papua indonesienne. Le pic Yamin et ses 4581m domine les gorges profondes aux torrents tumultueux, on y devine par beau temps des traces fraiches de neige. Neemiya est fatigue, il a froid mais à Lukun il sait qu’il peut compter sur un gite et quelques patates douces. L’hospitalité de ses frères de clan les Balyo est légendaire.

Lukun est le dernier bastion du territoire Una des montagnes, un véritable nid d’aigle avant de plonger inexorablement en suivant les torrents vers le territoire Kopka, la plaine du fleuve Eilanden et les mystérieux Korowai, Kombai et Kowoyap. La bas il sait que après plusieurs jours d’une marche épuisante il va pouvoir troquer ses pierres de hache et herminettes (la fierté du peuple Una) contre du sagou, du rotang et l’un des instruments les plus important des peuples papou, l’arc et les flèches.

Village de Larye. 300 habitants, les Yowa et Dibah (maisons communautaires) sont posées comme des champignons sur une mince arête de terre argileuse avec des a pics alentours de plus de 300m. Neemiya Balyo represente la jeune génération de ces derniers tailleurs de pierre de la Papouasie occidentale, du reste du monde même.

2 clans se partagent ce pouvoir hérité des ancêtres, le clan Balyo et le clan Malyo. Neemiya Balyo a tout appris de son père le grand Dimane Balyo, l’homme aux 8 femmes et au savoir infini…Et avec Ngis Malyo, Eba Deyal, Kirip Kirip Malyo ils descendent tous les jours les terrains pentus pour se rendre au bord de la rivière Hei à la recherche de pierres qu’un savant coup d’œil (de la part de ces notables) permet de juger, que la nuit a été bonne, que les esprits se sont rendus sous le grand arbre Manmandala, que les ancêtres tout près de l’énorme rocher Gulungbun ont offert à leurs élèves ces quartiers de basalte pour confectionner les pierres de hache qui valent dans ces contrées plus que l’or et l’argent.

Avec plusieurs pierres polies et herminettes, l’on peut se targuer ici à Larye d’acheter les plus belles femmes et les plus gros cochons ce qui augmente considérablement le pouvoir et la prestance du maitre de taille vis à vis du clan tout entier.

Des guerres larvées qui ont souvent pour prétexte un vol de cochon, d’arbre, de patate douce ou de femme sévissent encore dans les montagnes Unas et l’herminette de pierre y tient un rôle important.

Neemiya est avec son père Dimane au bord de la Heiye. Les Heiya (pierres de hache) se trouvent au bord de l’eau claire. Tous 2 examinent un rocher, étudient sa forme, sa taille, sa texture. Il en sélectionne un autre à cote car Dimane d’un œil d’expert à décelé une veine sur la roche, qui promet. Il faut dégrossir le rocher, lui ouvrir les entrailles. Soit il est fendu avec d’autres rochers de texture plus dure, soit la méthode du feu est utilisée et c’est le cas ici car le rocher est trop volumineux. La préparation et la chauffe du rocher va prendre de 1 à 2h avant que la pierre ne blanchisse, se craquelle. Si le rocher résiste, on refait du feu dans les fentes jusqu’à ce qu’il éclate.

Toute la journée Neemiya, son père et les membres du clan (les femmes y sont interdites) ont dépecé la pierre, l’on dégrossi pour en ramener une dizaine au village, le tout joliment empaqueté dans une feuille de pandanus et porte dans un noken. La montée est terrible, il faut passer un vieux pont de lianes branlant et Dimane n’a plus toute sa jeunesse, son fils l’aide. Arrivés au village, le tonnerre gronde dans la montagne, là-bas vers la terrible “oranje pass” à près de 4000m ou l’expédition du français Pierre Gaisseau en 1960 y a laissé quelques porteurs morts de froid.

Neemiya et les autres sont rapidement entourés par une foule de bambins nus, la morve au nez, les femmes elles restent en arrière de peur des invectives. Le polissage commence, de pierre taillée le bloc devient pierre polie et devant nous 10 000 ans d’histoire se déroulent. Seul le bruit des chocs de 2 pierres résonne dans le village et les derniers maitres de taille de toute la Papouasie sont la devant moi, réunis dans ce petit village de Larye. Les plus jeunes sont déjà partis en forêt rechercher ce fameux bois de Telye , bois dur qui servira de manche aux herminettes.

Cette tradition de la taille des pierres de la Heime a pour but un véritable commerce, échange de marchandises avec les autres tribus de l’Est et de l’ouest du territoire Una. A l’ouest les pierres polies sont échangées avec les gens de Nalca qui se chargent du commerce sur les importants villages de Kosarek et Angguruk contre cochons, nokens (sacs de fibre végétale) et parfois de femmes.

A l’Est le commerce s’étend jusqu’à Oksibil et de l’autre cote de la frontière de la Papouasie Nouvelle Guinée , au sud avec les tribus Momina, Brazza, Citak , Korowai contre sagou , sel , rotang , arcs et flèches .

Neemiya et 2 de ses amis savent depuis quelques temps que ce sera leur tour de descendre vers le territoire des plaines, au pays de la chaleur et de la malaria. Un long voyage de près de 8 jours si le beau temps est de la partie et beaucoup d’aventure. Neemiya écoute encore les paroles des anciens, ceux qui ont par le passé fait plus de 10 fois le voyage au péril de leur vie, les anthropophages, les moustiques, les torrents en crue, le froid, la chaleur, la faim… Il est prêt Neemiya, il sait que lorsqu’il rentrera chez lui à Larye une jeune femme lui sera promise, il sera considéré comme un héros, un homme sans peur. Secrètement avant le départ il va se recueillir dans une anfractuosité de rocher sous le village devant les restes des ossements de ses ancêtres, il leur demande de l’aider dans cette épreuve nouvelle.

Ce matin, au village de Lukun, Neemiya se lève de bonne humeur, il fait un soleil éclatant et son rêve de la veille l’a vu rentrer au village triomphant. Il est prêt à descendre au pays des “hommes nus”, ceux qui vivent dans les arbres.

Un long voyage dans la forêt, des journées sous la pluie et la rencontre de la chaleur moite dans les basses terres, plaines mornes sans relief, l’enfer vert car a l’inverse des montagnes Unas, il n’y a pas de panorama et Neemiya a le “blues”. Il faut aux 3 hommes passer la petite bourgade inhospitalière de Seradala , suivre le fleuve Eilanden cote Est pour ne pas avoir la surprise de se retrouver face aux redoutables “kowoyap” pour enfin arriver au lieu de rendez-vous fixe depuis de longues générations, par les ancêtres.

Ils sont là, les hommes d’un autre monde , ils font un peu peur a Neemiya car plus grands, nus , le sexe cache par une simple feuille d’arbre, arcs et flèches et de longues épines de pandanus plantées dans le nez , à l’horizontale.. L’échange ne se fera que le lendemain car les “korowai batu” sont très méfiants et belliqueux au moindre signe. Ils demandent du tabac et le peu qu’a Neemiya dans son noken est partage. Le gite pour la nuit se trouve là-haut, tout au fait des grands arbres de la forêt primaire, une “rumah tinggih” à plus de 35m de hauteur.

Perplexe Neemiya… va-t-il aller avec ses 2 compagnons au sommet, c’est peut être un traquenard et puis, pour faire ses besoins…et s’il faut redescendre la nuit, c’est dangereux avec toutes ces bestioles rampantes. Neemiya se rappelle le conseil de son oncle, le sage Amtan qui lorsqu’il devait dormir dans les arbres emportait toujours avec lui un talisman, un tibia sculpte. Pose sous la tête, l’homme ne risquait plus rien.

Je suis avec eux depuis près de 3 semaines, ai couru la montagne et les vallées profondes depuis plus longtemps encore en provenance de Wamena, à pied. J’ai traversé les territoires Dani, Wali, Yale, Yali, Manggona, Eipo et Una, franchi cette fantastique passe d’Oranje, 4000m et des dénivelés, gouffres très impressionnants; paysages d’une beauté rare, palmiers nains, orchidées noires, falaises de calcaire, vallées spongieuses et cascades, dormi dans des anfractuosités de rochers dans le froid et la pluie, les brumes, casse la glace pour récolter de l’eau au petit matin, dormi dans des cases enfumées, les puces… Avant d’arriver à Larye comme un “zombie” d’un autre monde et accompagne d’un seul porteur du village d’Eipomeik. Une très grande aventure !

Neemiya me fait entièrement confiance, l’on se connait depuis plusieurs années et il sait que je connais le territoire korowai, ayant passé de longs jours à Mabul, Dajjiaw,Yapupla Atas et lors des fêtes locales de clan ai côtoyé les “korowai batu “ et “kowoyap” les mangeurs d’hommes du haut Eilanden. Je suis un peu chez moi a Bilantop, Domai le chef a un fils qui a disparu et lors d’une reconnaissance tv en hélicoptère en 1997, je lui avais apporté des nouvelles de Wombai rencontre quelques temps plus tôt dans les parages de la mission protestante MAF de Jayapura… (Comment était-il arrive la lui l’enfant des bois imitant parfaitement le son de chaque oiseau de sa jungle ?).

5 maisons dans les arbres assez proches les unes des autres dans une petite clairière, ce qui constitue un record. La plus basse a 15m de hauteur, la plus haute 35/40m posée au fait des branches. Une échelle précaire va vers le sommet utilisant un arbre tout proche et en zigzag pour mieux équilibrer le tout. Précaire et dangereux pour celui qui a le vertige mais les korowai eux ont le mépris du vide ou tout du moins l’ont apprivoise, preuve le dernier fils de Domai 6 ans, qui monte et descend seul de la maison haute. J’imagine un instant mon propre fils à cet âge descendre de cette manière…

Domai vit nu comme les autres, le sexe cache par une feuille d’arbre délicatement serré contre le bas ventre. Il a tué un homme il y a 3 ans pour un problème de vol de sa femme qui est morte depuis, tombée du haut d’un arbre, sur une autre maison haute car l’échelle de bois vermoulue s’est affaissée sous son poids.

Il nous accueille avec un sourire perceptible car il me reconnait mais se demande bien ce que je fais avec les Unas. Le tabac est de mise et mes compagnons sont adoptés même si aucun de nous ne parle le même langage. Après une bonne nuit de repos et réveil au son des oiseaux, l’échange a lieu. Entretemps d’autres gens sont arrivés à la maison haute, venus d’on ne sait où, l’un porte de grosses et longues épines de sagoutier plantées dans le nez lui donnant un aspect “sauvage” et il nous tourne sans cesse le dos. Domai dit : “kowoyap” !

Les femmes elles nous regardent avec une peur bleue, les enfants se cachent derrière leurs parents. Neemiya, Kol et son frère Sirep n’en mènent pas large à cet instant. Autre clan, autres mœurs et ici ils ne sont rien, des étrangers comme moi.

Troc de pierres de hache contre rotin et arcs, mon tabac en plus, tout a été rapide pour une fois (j’ai trop l’habitude de ces palabres qui durent des heures et où chacun fait mine d’être fâché et puis accepté de toute façon),peu de mots échanges mais à mi-chemin entre paix et guerre que cet échange de marchandises, preuve en est que dans la Papouasie indonésienne vivent encore des hommes et des femmes aux antipodes de nos réalités journalières mais ou le commerce est de mise.

Neemiya me dit qu’il veut repartir tout de suite vers la montagne et il me demande de l’accompagner. Je suis trop fatigué de courir les jungles, les heures de marche dans la boue sur des terrains instables ont usé ma volonté, j’ai les jambes endolories, le dos “cassé” et besoin de beaucoup de repos. Je ne me sens pas la force de remonter à 2500m et la semaine de marche , sans compter les pluies….Ils repartiront sans moi.

Je suis reste 4 jours dans le clan de Domai à Bilantop , ai pêché et dégusté des crevettes de rivière avec de la farine de sagou, tente de chasser à l’arc avec quelques jeunes du clan, me suis baigne avec les enfants dans une eau cristalline et suis reparti promettant de ramener une bonne fois pour toute au chef Domai son fils, parti chercher une autre aventure …. Yaniroma n’étant qu’à 3 jours de marche, le voyage à été plutôt “cool” et j’ai attendu patiemment l’avion des missionnaires pour un retour vers Jayapura.

Unas, Brazzas, Korowai … gens d’un autre monde, d’une autre planète. Les taches blanches sur les cartes des missionnaires attestent qu’il y a encore des peuples dont nous ne savons rien, que des hommes primitifs vouent au culte animiste une passion sans bornes comme au tout début de la création.

Des montagnes neigeuses à la cote Casuarina, là-bas en Papua indonésienne l’aventure est belle comme nulle part ailleurs dans ce monde.

D’après les textes de Thierry Robinet, aventurier & guide en Indonésie depuis 1977.

Azimuth Adventure Travel Ltd est dans « Le Petit Futé 2014 »

Azimuth Adventure Travel Ltd : « Une agence franco-indonésienne qui propose des circuits d’aventure et d’écotourisme mettant particulièrement le trekking et l’étude des volcans à l’honneur. L’agence loue aussi des voitures et organise des voyages clé en main ou à la carte. Elle propose les circuits les plus connus (Borobudur, Prambanan, Dieng, Merapi, le mont Bromo et le tour de Java Est) mais aussi des circuits plus longs comme le tour de Sumba, Flores et Komodo en 19 jours. Dominique vit en Indonésie depuis plus de 15 ans et connaît bien le pays. On est entre des mains d’experts ! Contactez-le au préalable car il est souvent surbooké (qualité des prestations oblige). Les plus : vous pouvez former votre propre groupe et demander à partir à la date de votre choix. »

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Fête de Waisak (15 Mai 2014) : Naissance, éveil et mort de Bouddha

C’est au moment de la pleine lune du mois de Mai qu’a lieu chaque année la plus importante fête bouddhiste d’Indonésie sur le fabuleux site de Borobudur, classé par l’Unesco comme patrimoine de l’humanité en 1991 et des temples voisins secondaires de Mendut et Pawon.

Cette journée est particulièrement importante pour les pratiquants puisqu’elle célèbre en même temps la naissance, l’éveil et le décès (para nirvana) en Inde de Gotama Siddhârtadit le « Bouddha », il y a de cela plus de 2500 ans. C’est bien sûr l’occasion d’un grand rassemblement de moines et de croyants des quatre coins de l’archipel. C’est sous l’immense et majestueux banyan devant le temple de Mendut (3 km avant Borobudur) qui abrite une magnifique statue du Bouddha assis sur un trône, que des offrandes de fruits, de fleurs, d’eau et de feu sont faites devant les statues du Bouddha accompagnées de l’exposition de reliques, de textes sacrés rassemblant ses enseignements ainsi que les étendards multicolores des drapeaux bouddhistes. La cérémonie comprend par ailleurs des moments de prières et de méditation et se clôt par une très belle procession à pied, à la lueur des bougies et dans les parfums d’encens et de fleurs du temple de Mendut jusqu’à la colline de pierres et de statues en forme de mandala de Borobudur.

Le plus souvent en présence du chef de l’état Indonésien (et parfois de pays bouddhistes voisins), la grande cérémonie finale au pied du temple Borobudur et sous le ciel éclairé par la pleine lune, comprend musique, dance, prières et recueillement.

Un moment exceptionnel, qui fait de cette nuit magique en compagnie des bonzes et de fidèles, un moment de paix et d’harmonie inoubliable.

Jean-Pascal Elbaz, Ex-Directeur du Centre Culturel Francais vivant en Indonesie depuis 1991.

Tanah Toraja la terre du peuple Toraja

Tanah Toraja, la terre du peuple Toraja au sud de l’île de Sulawesi. Ce peuple fait preuve, encore aujourd’hui, d’une habilité à conserver intacte une tradition millénaire, où Homme & Buffle ne font qu’un. Les rizières sont leur quotidien, et celle de l’énorme mastodonte (peut être le plus gros buffle d’Indonésie) qui sert aux labours. Le fruit de leur travail est transporté jusqu’au marché de Rantepao, où les transactions vont bon train. Ce sont des millions de rupiahs qui sont échangés contre ces buffles, pour leur peau blanche ou marron, et leurs yeux albinos.

Le jour des funérailles d’un homme, le buffle ira au paradis avec celui qui aura été son maitre. Ce cheminement à travers les cieux le mènera auprès de ses ancêtres. Les Hommes suivront, quant à eux, l’immuable cérémonie depuis le village du défunt. Les danses Ma’badong seront réalisées en son honneur. En cercle, les hommes tournent lentement, un pas en avant et un pas en arrière. Un long poème est alors énoncé, d’abord par un seul homme, dont la voix est ensuite rejointe par celles des villageois. Sans instrument, seul le rythme des hommes fait vivre ce poème.

“Un homme est mort, laissez venir ceux qui pleurent…”. Une longue file d’Hommes marche dans les rizières… Les chants résonnent, des dizaines d’animaux domestiques sont sacrifiés pour honorer la fête, la famille et pour nourrir les centaines d’invités. Un homme est mort et la fête commence!

Le pays Toraja, c’est également des menhirs en hommage aux ancêtres et des maisons aux toits élancés. Ces derniers rappellent la proue d’un bateau avec le mat qui soutient la structure de bois massif, décorée d’innombrables cornes de buffle. Traces du passage d’anciens marins, arrivés des côtes chinoises il y a des millénaires, échoués au bord de la mer de Sulawesi et repoussés à l’intérieur des terres par de nouveaux conquérants…

Le pays Toraja est montagneux, gage d’un isolement garanti, permettant de se cacher du regard des autres et de poursuivre une vie communautaire entièrement dédiée au culte de l’ancêtre. L’endroit “où le soleil se lève” nommé aussi “ la fumée qui monte”, est synonyme des rites de la vie, des maisons protectrices où l’on façonnera sa famille, l’adat (loi coutumière), et les offrandes vers les dieux. A l’inverse, de l’autre côté, l’endroit ” où le soleil se couche”, “la fumée qui descend”, est synonyme de la mort, de la fête en l’honneur de celui qui s’en va.

Le Rante est une vaste plaine, où les rizières sont les plus belles, où les tiges de bambous sont élancées et où se dissimulent de vastes et belles maisons décorées de motifs jaune, noir ou rouge (dieux, démons, guerre). Rante le lieu sacré, champs où sont posées de grandes pierres : des menhirs. Un lieu parsemé de monolithes alignés. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les formes, carrés, circulaires, rectangulaires ou en arc de cercle. A certains endroits, il est impossible de distinguer un ordre volontaire. Les Torajas disent volontiers qu’aucune loi ne préside à leur alignement et qu’ils suivent l’inspiration du moment. Chacun de ces mégalithes raconte l’histoire d’un clan, il marque et inscrit sa généalogie, sa grandeur et sa décadence. Un livre vivant que peu de personnes savent lire.

D’après le texte de Thierry Robinet, aventurier & guide en Indonésie depuis 1977.

Eruption du Volcan Slamet

Le volcan Slamet, un stratovolcan, est le deuxième plus haut volcan de Java et l’un des plus actifs. Le gaz envahit presque tout le temps le large sommet composé de quatre cratères. L’explorateur Francis Drake aperçut le volcan lors de sa première exploration du monde alors qu’il se trouvait dans la mer de Java. Il dirigea immédiatement son bateau en direction des côtes sud de l’île ; comme si la montagne avait un pouvoir d’attraction sur lui. Considéré comme un des lieux les plus isolés de Java, le vaste champs de lave du sommet nous donne également l’un des plus beaux panoramas, permettant de voir aussi bien la côte sud de l’île que la côte nord.

Les autorités locales ont fermé l’accès du Mt Slamet aux randonneurs depuis le lundi 10 mars 2014 à cause d’une augmentation de l’activité volcanique. Cette activité anormale est apparue après une nombreuse série de tremblements de terre dans la région qui sont passés de 50 à environ 200 par jour. La première explosion s’est produite lundi soir à 20h06. Peu de temps après, le centre de volcanologie et d’atténuation des risques géologiques (PVMBG) a élevé le statut de normal à alerte (2 sur une échelle de 1 à 4), avec une zone de danger évaluée à 2 km autour du volcan. Dès lors le centre d’atténuation des catastrophes de Java Centre (BPBD) a préparé les routes d’évacuation et les navettes en réponse à l’acticité volcanique.

« Gunung Slamet » signifie littéralement « la montagne sécurisée ». « Slamet » est une variante javanaise du mot malais/indonésien « selamat » signifiant « sauvée du danger ». Dans la région du volcan Slamet, la tradition locale rapporte que dans les temps pré-islamiques, le volcan était appelé « Gunung Gora ». En javanais « gora » est un mot un peu archaïque qui signifie horrible, effrayant, intimidant. Il est très probable que lorsque les gens de la région se sont convertis à l’Islam (probablement dans les années 1500) le nom interdit de la montagne hérité de la période hindoue-bouddhiste ait été modifié pour le nom islamique plus rassurant de « Gunung Slamet ».

Le volcan est presque situé au milieu de l’île à mi chemin entre la côte sud et la côte nord. Un mythe raconte que l’éruption du Mont Slamet va « scinder » l’île de Java en deux parties. Bien que ce soit mythologique, le résultat serait terrible ! Les plaques tectoniques est et ouest de l’île se scinderaient. Une large fissure nord sud apparaitrait laissant alors l’eau y pénétrer. Nous aurions alors deux Java.

D’après le récit d’Abraham Mudito.

Tortues de Sukamade

Le Parc de Meru Betiri est situé au sud-est du Parc Tengger et du volcan Bromo, et, si vous souhaitez découvrir une faune unique, une escapade dans cette région s’impose. Quelques plages de ce parc ont en effet la particularité d’accueillir des tortues de mer, qui viennent y pondre.

Depuis Kalibaru, la route qui descend vers le Sud nous mène à Sukamade, notre destination finale. Un 4×4 est nécessaire sur une grande partie du trajet (5 heures), qui « perce » de magnifiques plantations d’hévéas, de cacao et de coco. C’est également l’occasion de nous immerger dans la culture javanaise lors des traversées de quelques villages typiques. Dans le parc, l’hébergement est sommaire, mais n’entrave pas notre motivation pour une rencontre espérée avec les tortues. En milieu de nuit, des spécialistes nous emmènent vers la plage de Sukamade, où, en petit groupes, nous nous approchons de quelques tortues qui s’apprêtent à pondre. On nous explique alors le cycle de vie et le mode de reproduction de ces reptiles à carapace. Les tortues se déplacent toutefois d’une manière aléatoire, et il n’est donc pas toujours aisé de les repérer. Les œufs sont récupérés après la ponte, puis disposés dans un trou que l’on remplit de sable, à l’écart des prédateurs éventuels. A l’éclosion, les jeunes tortues sont dispersées dans des bacs remplis d’eau de mer, avant d’être relâchées, plus tard, dans l’océan. Les visiteurs de passage sont d’ailleurs souvent mis à contribution. Seulement 3% d’entre elles survivront.

Après cette expérience hors du commun, une superbe randonnée en direction du « cap vert », une crique réputée pour ses superbes eaux vertes, nous permet de nous rafraîchir dans l’océan et de terminer cette escapade en beauté.

D’après Eric Maillard, Chef de produits individuels – Azimuth Adventure Travel Ltd.

Pyramide Carztensz

Pyramide de Carstensz ou Puncak Jaya avec ses 4884m est un “Sept Sommets Mythiques”.

Ce seul nom évoque l’aventure pour tous les grands alpinistes désireux de conquérir les sept plus hauts sommets des sept continents Afrique, Asie, Amerique, Europe, Oceanie, Antarctique et Arctique.

Lors d’une reconnaissance navale dans le sud papua en février 1623, le hollandais Jan Carstensz fut intrigué par ces hautes montagnes où se devinait un manteau blanc sans fin. Une expédition de plusieurs centaines d’hommes fut rapidement mise sur pied pour tenter de traverser la jungle inextricable et escalader cette barrière immense des montagnes Jayawijaya. Après bien des efforts, l’expédition arriva au sommet et la découverte des nombreux glaciers d’altitude fut une énorme surprise sous ces latitudes. Il donna son nom à la plus haute barrière, Carstensz Pyramid.

Le Carstensz retomba dans les oubliettes papou pendant trois siècles avant que des géologues américains mirent à jour un véritable trésor minéral, composé de cuivre mais surtout d’or. Tembagapura (le temple du cuivre) vit le jour. Cette mine à ciel ouvert devint l’une des plus importantes de la planète. Mais Tembagapura est aussi un fabuleux plateau balsatique dans le parc national de Lorentz, qui s’étend de la mer de Arafura au pied du Puncak et où au siècle dernier les glaciers couvraient une chaîne montagneuse de 1 500 kms.

Le réchauffement climatique pourrait tout chambouler d’ici dix ans, pas plus. Les glaciers comme le Nagga Pulu, la langue du Meren et le Carstensz régressent rapidement. Entre 1936 et 2010, au moins 78% de la glace a disparu. Qui est le fautif ? La mine de Grasberg est évoquée mais il semblerait que le phénomène climatique « El Nino » soit davantage responsable.

Kal Muller, anthropologue en charge de superviser la situation écologique de Tembagapura, ainsi que Lonnie Thompson professeur à l’université de l’Ohio, signalent tous les deux que la disparition du glacier n’est qu’une question de temps et un signal néfaste pour les générations locales à venir.

Si vous êtes amateurs d’exploits sportifs, d’aventure extrême ou tout simplement apercevoir le plus haut glacier d’Océanie, il est encore temps de préparer votre expédition et votre bagage et d’aller vous mesurer à cette nature belle, irremplaçable mais au combien difficile qu’est le Cartstensz.

D’après le texte de Thierry Robinet, aventurier & guide en Indonésie depuis 1977.

Le village Bengkala, lieu où le silence est Roi

Le village Bengkala est situé au Nord de Bali, dans la région de Singaraja. En dehors de la beauté des paysages qui l’entoure et de la culture traditionnelle qui y perdure, Bengkala surprend par ses habitants et leur mode de vie. Ici, la parole a laissé place aux mouvements du corps et aux expressions du visage : la langue des signes est devenue leur quotidien. Un quotidien bien particulier, que seuls les voyageurs de passage pour plusieurs jours dans la région seront à même de comprendre. Zoom sur leur histoire.

A Bengkala, le nombre de personnes malentendantes ou sourdes est 15 fois plus élevé que la moyenne mondiale. Si étonnant que cela puisse paraître, ses habitants ont développé leur propre et unique langage des signes, qui semble se transmettre depuis des siècles. Etre sourd n’a alors rien d’anormal, bien au contraire: on parle d’un don de Dewa Kolok, Dieu de la surdité. Plus fortes physiquement, endurantes, patientes, persévérantes, ou encore plus loyales et honnêtes, ces sourds & malentendants sont reconnues dans le village comme ayant des qualités indéniables qui s’allient à celles des personnes valides. Tous sont alors complémentaires et évoluent en harmonie, en unissant leurs capacités pour améliorer leur quotidien. Ces spécificités sont reconnues au-delà de Bengkala et les villages alentours affluent pour demander la protection de leur communauté.

Nyoman Santiya est reconnu comme le chef des sourds et malentendants du village. Il raconte aux voyageurs de passage combien la surdité de son fils lui a apporté, à lui et à sa famille: « Après sa naissance, je me suis arrêté de boire. Petit à petit, j’ai alors pu économiser de l’argent et réparer ma maison ». Un handicap qu’il décrit alors comme une chance. Bien que quelques enfants sourds ou malentendants puissent aujourd’hui aller à l’école, ils se comptent toujours sur les doigts d’une main.

L’accélération du développement de Bali et l’acculturation parfois ressentie sur l’île peut-être néfaste pour Bengkala. Les habitants redoublent alors d’efforts pour préserver leur histoire si unique, qui fait la beauté de cette communauté.

D’après le texte d’Hardiman « Bali’s Silent Village », paru dans le magazine Latitudes (juillet 2001).